LE JARDIN DU COBRA

LE JARDIN DU COBRA



Au commencement
était la sueur
puis vinrent les crachats

les yeux grands ouverts
j'ai vu les derniers pétales

j'étais en robe noire
robe grand soir
ombre dans la pénombre
des êtres sombres sont apparus
m'ont saluée
ont disparu

d'un souffle
un cobra m'a anéantie
peu après
je le chevauchais et l'enlaçais
de mes cuisses

nous volions haut dans le ciel

il m'a demandé si je l'aimais

je l'ai serré plus fort
très fort
au point de

le temps s'est arrêté

nous avons traversé les déserts

comblée
j'ai desserré mes étreintes

au loin j'ai aperçu
des branches blanches
des pages d'écriture illisibles
j'ai su que c'était fini

le cobra m'a embrassée
une dernière fois.


Féline HARFANG

poème extrait du recueil PAROXYSME

feline.harfang@neuf.fr

www.felineharfang@neuf.com

# Posté le jeudi 12 novembre 2009 15:59

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 10:01

PAROXYSME

PAROXYSME

Féline Harfang : le feulement
d'une authentique poétesse

par Jean MIOT


En page de garde de son manuscrit, la poétesse Féline Harfang aurait du reprendre à son compte la proclamation affichée à la porte de l'Abbaye de Thélème, dans le Pantagruel du grand Rabelais : «Ici n'entrez-pas, hypocrites, bigots, vieux matagots, marmiteux, torcols, porteurs de haire, cagots, cafards empantouflés...» !
Car ne vous méprenez point : ceci n'est pas un livre. C'est tout à la fois un pavé dans la vitrine du bien élevé, une musique envoûtante, un arôme enivrant, le toucher soyeux d'une peau, le bouquet d'un vin capiteux, la fragrance d'un Havane. Bref : c'est de la poésie.
Non point la poésie pure, «classique» comme on dit, mais la vraie, celle qui est le plus court chemin d'une sensibilité à une autre. Pour y goûter, il faut se pencher, s'agenouiller, prêter l'oreille et le c½ur. La poésie, disait Alain Jouffroy, «C'est la forme clandestine d'un contrepouvoir qui libère le poète de tout carcan autoritaire et lui permet d'accéder à l'existence orageuse de son corps».
Féline Harfang précise que cet ouvrage n'est pas autobiographique. Mais il est le reflet d'une sensibilité exacerbée, au paroxysme de la féminité, avec la chaleur des mots du souffle de l'âme, l'humidité de son haleine.

Féline Harfang n'écrit pas, elle feule.

«Elle accélère le réel, elle dilate l'espace», pour reprendre ses belles expressions. Elle nous conduit à «l'apogée des désirs fantasmés». Plus loin, elle avoue, déchirante : «Je mène un combat isolé contre moi-même, contre l'inextricable enfouissement de mes blessures... Accepter la tendresse, me faire la guerre, vivre avec ma folie...».

Féline Harfang, c'est un regard d'une décapante lucidité, sur elle-même comme sur notre société, «qui se décompose, se détruit au lance-flamme», avec «ses hordes primitives sur les autoroutes, cette absence de clameur et de sourire », ou «le combat de la machine à perdre nationale contre la machine à gagner internationale».

Son humour au troisième degré n'échappera qu'aux sots. Elle cultive «le devoir d'insolence», jonglant avec les mots telle une élégante jouant avec son collier de perles.
Certes, elle ne fait pas dans la dentelle la poétesse qui «accouche les mecs aux forceps» et «écouille les mâles dominants». Elle «guignolise les médias», et «s'immisce dans le Capital»; elle provoque «nues sous nos burkas». Elle use de merveilleux mots oubliés : «la dévoration». Puis elle redevient soudain griffes et crocs, femelle dominante. Quand «piaffent les bisons», elle leur jette sa robe rouge.
Méditez son sévère «arrêt sur image», ou le bouleversant constat du modèle découvrant son portrait. Son poème «Au cutter» est à lui seul un tableau de Soutine. Puis elle se noie d'Amour ou regarde sans ciller « la mort qui la palpe ». Aux censeurs, qu'elle met en joue avec son stylo, elle crie «interdisez-moi d'écriture». Mais elle le sait : son destin est scellé : «plumitive à vie je serai». Dieu merci !

Sous le masque, sa plume a encore tant de poésie à nous crier et elle a d'évidence, le souffle d'une vraie romancière.

JM
.

# Posté le jeudi 12 novembre 2009 15:43

C'est comme ça



Elle ne sait pas
si écrire est une maladie


elle ne sait pas
si être frivole c'est être libre


elle ne sait pas
si être prisonnière d'un espace domestique
c'est être aliénée


elle ne sait pas
si une fleur qui marche sur sa robe
c'est normal


elle ne sait pas
si vivre enclose c'est être piégée


elle ne sait pas
si être séduite par un séducteur
c'est être séduisante


elle ne sait pas
si se faire tuer à coups de bites
est fiction ou réalité


ne le sachant pas
elle évide son cerveau
sans savoir si intituler son dernier livre
la veuve noire
est un bon titre

sans savoir.

Féline Harfang



PAROXYSME
auto édition septembre 2009

www.felineharfang.com

# Posté le mercredi 16 septembre 2009 16:22

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 18:05

critiques de presse de mon recueil de poésies Lèvres

critiques de presse de mon recueil de poésies Lèvres
Article dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST - mardi 7 octobre 2008 - Michel Duterme

Lèvres par Féline Harfang

Rouge vif, la couverture du dernier opus de Féline Harfang. Féline et coquine, assurément. Elle n'a pas sa langue dans sa poche, cette jeune femme sensuelle qui, depuis son domicile brennou, laisser aller son esprit vagabonder en des territoires sulfureux. Faisant fi des conventions hypocrites du temps, elle écrit. Elle évoque, elle sussure, elle suggère, elle dit. D'un mot, on passe de l'évocation à l'intention, à l'acte. C'est tout à la fois sensuel et sexuel mais jamais obsène.
Son propos, sous forme de poèmes, en dit long -avec sobriété, cependant- sur les désirs au féminin. Rien d'outrageant dans le fil de ces textes courts, traités de manière elliptique et raffinée, souvent drôles. Qu'on rassure le bourgeois : c'est chaud, coquin, normalement pulsionnel mais rien d'inacceptable. Le tout est très intime comme ce court texte de piraterie "Ainsi tu oses cacher tes trésors dans les abysses de mon pubis". Yes !

Et c'est amusant aussi quand elle aborde d'autres thèmes comme ceux du people, des politiques, des militaires.




Article de presse paru dans l'Echo du Berry du 23 au 29 octobre 2008

Lèvres

Le titre Lèvres est inscrit en lettres blanches sur un fond rouge, comme du rouge à lèvres. Dès la couverture, la poétesse argentonnaise Féline Harfang annonce la couleur : si ses poèmes ne parlent pas tous des femmes, de la féminité, c'est toujours en femme qu'elle s'exprime. La dictature de l'argent, l'obsession de l'apparence, la bimbo, la prostitution... ses sujets sont très divers. Jusqu'à des notations fugaces, par exemple sur un tube de rouge tombé dans la doublure du sac à main. Féline Harfang secoue par sa "parole délivrée" le joug des conditionnements sociaux, elle "explose le prêt-à-penser". Sa poésie est toujours branchée sur le monde et n'a pas le formalisme pour horizon. "J'écris et en même temps je parle," annonce-t-elle. Les textes sont souvent courts, généralement sans rimes, très lisibles, en entraînent le lecteur dans leur rythme. Pour un peu on penserait au rap. Mais Féline, tout en lui rendant hommage, le rejette : "le rap, le je zappe. Rap ringue, je zappe." Disons que c'est plutôt une sorte de slam que Féline Harfang propose au lecteur de scander intérieurement. Ce recueil de quarante poèmes est son deuxième. Il fait suite à Virgule paru en 2007 et est préfacé par Christiane Sand. Lèvres est disponible à la librairie du Berry, dans les librairies argentonnaises, castelroussines, à la maison de la presse de Saint-Marcel.


# Posté le lundi 03 novembre 2008 15:37

Modifié le mercredi 07 octobre 2009 02:37

HARFANG

HARFANG
photo danielh http://www.planete-powershot.net/gallery/photo__photo_13591.html

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 15:33

Modifié le dimanche 10 mai 2009 09:41